En Russie plus encore qu’ailleurs, la guerre est faite par cette chair à canon qu’on appelle les hommes, mais subie par les femmes – et les enfants, «ça pousse même en temps de guerre» −, mais comment osent-ils ? Pour se faire une idée de l’éternelle situation, on peut suivre l’actualité en Ukraine, lire les livres de Vassili Grossman ou de Svetlana Alexievitch. On peut aussi lire ces jours-ci un roman naturaliste, édifiant, assez tolstoïen, de Valentin Raspoutine, Vis et souviens-toi. Publié en URSS en 1974, en France en 1990 aux éditions l’Age d’homme sous le titre Vis et n’oublie pas, il reparaît aux éditions Noir sur Blanc. Le nouveau titre est conforme au titre russe. N’oublie pas, souviens-toi : l’injonction n’est pas la même. Ce qu’on nous demande de ne pas oublier est menacé par l’oubli. Ce dont on nous rappelle le souvenir est attendri par la nostalgie. Le roman de Raspoutine va et vient entre l’un et l’autre. Sa tristesse pénètre a
Littérature
«Vis et souviens-toi», le déserteur fantôme de Valentin Raspoutine
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Un roman naturaliste, assez tolstoïen, de l’auteur russe mort en 2015 réputé pour ses portraits de femmes.
Valentin Raspoutine en 1976. L’écrivain a vécu comme ses personnages en Sibérie. L’essentiel de son œuvre s’y déroule. (RIA Nowosti. Akg Images)
Publié le 04/07/2025 à 13h54
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