Qu’est-ce que la cécité ? Que veut dire le fait d’être aveugle ou non aujourd’hui ? A l’occasion de la soirée de lancement de son premier livre Voir sans voir, le 4 novembre à l’Institut national des jeunes aveugles (Inja) à Paris, l’autrice britannique Sélina Mills proposait d’y réfléchir. Malvoyante de naissance et atteinte d’une cataracte qui lui ôtera bientôt la vue, elle a très vite été confrontée au regard des autres, comme si cette annonce marquait aussi la fin de sa vie. «Pourquoi devrait-on toujours considérer la perte de la vue comme une tragédie ?» s’interroge-t-elle devant la trentaine de personnes, pour la plupart aveugles, rassemblée dans l’auditorium de l’Inja.
Le point de départ de son ouvrage trouve sa source lors d’un dîner universitaire. Au détour d’une conversation, une archéologue lui apprend l’existence au Moyen-Orient d’un squelette de l’époque néandertalienne, très certainement aveugle de son vivant. Surnommé Nandy, il aurait aussi vécu plus de quarante-cinq ans, alors que l’espérance de vie à cette époque ne dépassait pas la trentaine. Si pour l’archéologue la survie de cet homme reste nimbée de mystère, elle devient




