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Warren Ellis, ça mâche pour Nina Simone

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Comment un chewing-gum de la chanteuse est devenu une relique. Illustré d’une centaine de photos, le livre du compositeur australien documente les étapes artistiques d’une obsession et d’un projet muséal.

Scupture représentant le chewing-gum montrée par Warren Ellis. (Laura Stevens/Laura Stevens)
Publié le 09/12/2022 à 22h36

C’est l’histoire d’un vieux chewing-gum qui, plutôt que d’être jeté à la poubelle, va continuer son bonhomme de chemin, passer de main en main, se démultiplier, changer de taille, devenir un bijou et même finir sur un piédestal dans un musée. Il faut préciser que ce n’est pas n’importe quel chewing-gum, puisqu’il a appartenu à une reine. Un album pour la jeunesse ? Non, le premier livre signé par le compositeur et multi-instrumentiste australien Warren Ellis, acolyte de Nick Cave (notamment membre du groupe The Bad Seeds), assemblage réjouissant de récit de soi, de conte insolite et de réflexions personnelles sur la transmission et les puissances de l’art.

Le 1er juillet 1999, Warren Ellis assiste à l’un des plus grands concerts de sa vie. Au Meltdown Festival de Londres, dirigé cette année-là par Nick Cave, se produit son idole, une Nina Simone en bout de course mais soudain «revigorée, ravivée, transfigurée» par l’alignement musique-lumière-public (et peut-être un peu la coke en coulisses). Ellis vibre et, la chanteuse partie, percutant la valeur du moment – les apparitions de Nina Simone étaient rares et sa santé chancelante (elle mourra quatre ans plus tard, en 2003, à 70 ans) –, il trouve le moyen de garder un

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