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«Wilson tête d’œuf» de Mark Twain : tout dans la langue

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Deux romans de l’auteur des «Aventures de Huckleberry Finn» relus à voix noire par Percival Everett.

Mark Twain (1835-1910). (Costa. Bridgeman Images. AFP)
Publié le 07/11/2025 à 16h05

Miss Watson soupçonne James de fréquenter clandestinement la bibliothèque du juge Thatcher. Son esclave lui répond : «Vous voulez di’e là il y a tous les liv’es . Il ajoute plus loin : «Moi je vais fai’e quoi avec un liv’, là». Il a réussi à mystifier Miss Watson, qui rit elle-même de sa suspicion. Bien sûr, que ferait James d’un livre, lui qui ne sait ni lire ni écrire, ni même parler l’anglais correctement ! Percival Everett dote son personnage de deux niveaux d’expression, le parler «esclave», attendu par les Blancs, et une langue classique (un anglais standard) qu’utilisent les esclaves entre eux à l’insu de leurs maîtres. Le paradoxe chez Everett est que les esclaves doivent parvenir à maîtriser cette forme d’alternance codique, et que l’effort de l’apprentissage est tourné vers une langue propre à eux et censée duper les maîtres.

Un échange de bébés

Ce double langage de l’esclave n’existe évidemment pas dans les Aventures de Huckleberry Finn, où Mark Twain mettait dans la bouche de Jim «l’anglais vernaculaire afro-américain», comme il le fait aussi dans Wilson Tête d’œuf, paru dix ans plus tard, en 1894. Les éditions L’œil d’or proposent une nouv

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