Grand admirateur des idéaux portés par la Révolution française, le poète et écrivain allemand Friedrich von Schiller avait la dent dure contre les Français, qui laissèrent la violence politique se retourner contre la Révolution même et finalement la dévorer : «Un grand moment de l’histoire a échu à un peuple petit.» Les cendres de la Révolution sont encore fraîches quand il publie sa pièce Marie Stuart, en 1800. Elle met en scène les deux journées d’un affrontement intime et politique entre deux femmes de pouvoir : Marie Stuart, reine d’Ecosse catholique et flamboyante, qui commandita l’assassinat de son royal époux avant d’épouser son meurtrier, est emprisonnée en Angleterre depuis dix-neuf ans pour avoir comploté contre le règne protestant de sa rivale, la «reine vierge» Elizabeth Ire d’Angleterre, hésitante et troublée sous sa raideur de marbre. Deux femmes et un dilemme moral et politique : Elizabeth doit-elle ordonner l’exécution de Marie ? Se laisser aller à la vengeance ou obéir à ses idéaux moraux plus cléments ? Accepter de faire rouler la tête de sa «sœur» de sang royal pour apaiser le royaume ? «Cette sagesse qui demande du sang, je la hais !» Jusqu’où, la raison d’Etat ?
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