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«Mémoires du Bataclan», le tatouage pour faire peau neuve

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Olivier Roller rassemble dans un livre les témoignages de rescapés du 13 Novembre dont il a photographié les tatouages post-attentats.

Coralie est l'une des témoins du livre. (Olivier Roller)
Publié le 12/11/2025 à 19h18

Un jour de 2020, dans son studio photo du XIe arrondissement de Paris, le photographe Olivier Roller, ancien collaborateur de Libération, tire le portrait d’un certain Christophe Naudin qui vient de publier un livre. Il ne sait rien de lui, il ne cherche jamais à savoir qui sont les femmes et les hommes qui se retrouvent devant son objectif, cela lui permet de les traiter à égalité. A un moment, il demande à son visiteur d’enlever sa surchemise, la photo sera mieux. Et là, il découvre «un magnifique tatouage sur son bras droit : deux squelettes qui dansent, comme les danses macabres du Moyen Age», écrit-il. Il tombe en arrêt, émerveillé. L’homme lui explique qu’il est rescapé du Bataclan et que de nombreux survivants de cette tragédie ont décidé de se faire tatouer. L’attentat contre les terrasses et la salle de spectacles remonte alors à cinq ans. Olivier Roller n’a pas été concerné directement mais il vit dans le quartier visé par les terroristes, le sujet est encore à vif. Alors il propose à Christophe Naudin de le mettre en contact avec les autres rescapés tatoués.

Le premier à le contacter est un certain Jean-Claude, look de rocker, lunettes de soleil. Olivier Roller ne veut pas se contenter de le photographier, il lui demande aussi de raconter ces heures qui ont fait basculer sa vie. Il va les enregistrer. Et c’est cette demande qui va tout déclencher. Beaucoup plus tard, Jean-Claude confiera au photographe : «Si tu ne m’avais pas demandé de raco

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