«Eh, ça a pas existé depuis très longtemps ça ! C’est historique !» Ramdane Touhami crépite d’enthousiasme dans le patio étouffant d’un hôtel parisien, jeudi après-midi. Le designer et entrepreneur tient compagnie à son ami de longue date Djamel Fezari alias Kore, producteur pilier du rap français depuis un quart de siècle et qui s’est brièvement évadé du studio dans lequel s’achèvent ce jour même les enregistrements d’un projet aussi colossal qu’urgent : réunir la fine fleur du rap français autour d’un morceau anti-Rassemblement national (RN) qui sortira ce lundi 1er juillet, No Pasaran – tous les fonds seront reversés à la Fondation Abbé-Pierre. Ils sont une vingtaine à contribuer à ce brûlot qui se place, avec ses neuf minutes quarante-trois, dans la filiation de 11′30 contre les lois racistes, un morceau collectif sorti en 1997 pour dénoncer le projet de loi Debré qui visait à durcir les conditions d’entrée des étrangers en France. S’y succédaient, les uns plus brillants que les autres, Akhenaton, Fabe, Passi, Rockin’ Squat et une dizaine d’autres célébrités du rap de la fin des années 90, réunies en un temps record de deux jours par Jean-François Richet (Ma 6-T va crack-er) et Maître Madj du groupe Assassin.
Le rythme, en cette fin de mois de juin orageuse, n’est pas loin d’être tout aussi effréné pour Kore, étonnamment a




