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Musique classique

Deux œuvres pour orgue de Bach sorties de l’ombre et rejouées en Allemagne

Des pièces musicales attribuées au Cantor de Leipzig, vont être jouées pour la première fois en public ce lundi 17 novembre.

Le mémorial de Bach sur la place de l'église Saint-Thomas, à Leipzig, le 11 juin 2025. (Sebastian Willnow/Picture Alliance. AFP)
Publié le 17/11/2025 à 18h01

Trois décennies après leur découverte et de nombreuses recherches pour déterminer leur attribution, deux compositions pour orgue ont été identifiées en Allemagne comme étant celles de Jean-Sébastien Bach. Elles seront rejouées pour la première fois en plus de trois siècles ce lundi 17 novembre.

C’est à l’organiste et musicologue néerlandais Ton Koopman que reviendra l’honneur de cette interprétation, qui va se dérouler dans l’église baroque Saint-Thomas de Leipzig, en présence du secrétaire d’Etat à la Culture Wolfram Weimer. Ce dernier a salué une «sensation mondiale» et un «grand moment pour le monde de la musique».

Les deux morceaux sous le feu des projecteurs sont la «Chaconne en ré mineur» numérotée BWV 1178 et la «Chaconne en sol mineur» notée BWV 1179, - la chaconne étant un genre musical inspiré d’une danse lente à trois temps, et en vogue aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ces pièces ont été attribuées au célèbre compositeur après plus de trente ans de recherche acharnée, a expliqué Peter Wollny, le directeur des Archives de Bach de Leipzig, lors d’une conférence de presse.

Cette découverte, il en a fait son affaire, car c’est le musicologue à la tête de l’institution leipzigoise en personne qui est tombé, en 1992, sur les manuscrits d’époque contenant les mystérieux morceaux, alors conservés à la Bibliothèque royale de Belgique à Bruxelles. Les deux chaconnes présentaient «des caractéristiques stylistiques que l’on retrouve à cette époque dans les œuvres de Bach, mais chez aucun autre compositeur», a ajouté le mélomane.

«L’identification du copiste»

Mais les compositions n’étaient ni datées ni signées. Pendant trois décennies, Peter Wollny a alors «cherché la pièce manquante pour attribuer ces compositions», à savoir «l’identification du copiste». Grâce à l’élaboration d’un portail de recherche sur le compositeur, réalisée par l’Académie des sciences de Saxe, les archives ont été en mesure d’«affirmer avec certitude» que les copies trouvées à Bruxelles ont bien été réalisées vers 1705 par Salomon Günther John, alors élève de Bach, d’après l’archiviste.

Selon lui, le maître allemand aurait composé ces chaconnes aux alentours de cette même année à Arnstadt, dans l’Etat de Thuringe, où il débutait sa carrière comme organiste.

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