Nul n’est prophète en son pays, même d’adoption. Des solistes français comme Emmanuel Pahud, Sarah Nemtanu, David Guerrier, ont créé ses concertos ; l’Orchestre de Paris, sous le mandat de Paavo Järvi, a commandé et donné la première mondiale d’Orages ; mais c’est au violoniste anglais Daniel Hope, qui a interprété son Unfinished Journey plus de 50 fois en tournée mondiale, que Bechara El-Khoury doit sa célébrité. Une célébrité, certes, relative, quand son talent de compositeur et d’orchestrateur est absolu. Il suffit d’écouter les Ruines de Beyrouth, op.37, l’une des trois pièces directement inspirées par son Liban natal, pour en prendre la mesure. Que ce mélodiste inspiré et harmoniste profond demeure méconnu dans l’Hexagone, où il suffit parfois de draper son indigence musicale dans un discours pseudo-conceptuel pour avoir les honneurs de l’establishment, n’étonne guère.
Elève exceptionnel
Rien de spéculatif dans l’œuvre d’El-Khoury, né en 1957 dans une famille artistique et musicale. A 4 ans, il dicte à sa mère ses premiers poèmes. Huit ans plus tard, il a déjà composé une symphonie et deux concertos. En 1979, fort d’une centaine d’opus, qu’il a depuis retirés de son catalogue, il fuit son pays




