Tragédie à l’opéra : le ténor star Roberto Alagna, malade, n’a pas pu finir d’interpréter Turandot au Royal Opera House à Londres mardi 27 janvier. Son directeur musical qui l’a remplacé au pied levé, n’a pas été en mesure de chanter Nessun Dorma, l’un des plus célèbres airs d’opéra. Des membres du public n’ont pas caché leur frustration après cette représentation de Turandot de Puccini, mardi soir à Covent Garden, l’un des plus prestigieux opéras du monde.
«Parmi tous les jeunes ténors (de l’opéra), vous n’en aviez aucun capable de remplacer Roberto Alagna pour interpréter Nessun Dorma, qu’ils chantent sous la douche depuis la puberté ?», s’est emportée sur X, une spectatrice déçue, Sally Glover.
2017, année folle
Roberto Alagna «s’est senti mal pendant la représentation de Turandot, ce qui l’a empêché de terminer l’acte III. Nous (lui) souhaitons un prompt et complet rétablissement», a simplement déclaré le Royal Opera House (ROH), sollicité jeudi par l’AFP. Au lieu d’interrompre le spectacle, l’opéra a remplacé le ténor français par son directeur musical, Richard Hetherington.
Jets de projectile
Selon le site du ROH, ce dernier est un chef d’orchestre et pianiste britannique. Mais il n’est pas un chanteur d’opéra professionnel. L’opéra a donc repris au troisième acte mais sans Nessun Dorma, morceau particulièrement difficile à interpréter, à la tension dramatique intense, que les spectateurs de Turandot attendent toujours avec grand empressement.
Le quotidien The Times raconte jeudi que Richard Hetherington a dû prendre le rôle-titre de Prince Calaf alors qu’il était en basket et sweat à capuche. Il a chanté depuis les coulisses tandis que la chorégraphe incarnait le personnage sur scène. Des huées ont retenti, des spectateurs se sont levés en pleine représentation, raconte le journal. Il y aurait même eu des jets de projectile.
L’écrivain britannique Kenan Malik, qui était dans la salle, a raconté sur X sa «déception» mais a salué l’effort de Richard Hetherington, «extrêmement courageux». Dans un message aux spectateurs mercredi, le ROH a souligné qu’il s’agissait d’«une situation exceptionnellement rare» et leur a accordé un dédommagement correspondant à 50 % du prix de leur billet.




