Dans son livre-enquête sur Spotify Mood Machine (2025), la journaliste américaine Liz Pelly raconte sa visite à l’été 2023 de «A.I. Valley», «carnaval de la tech musicale» à Santa Monica, en Californie, rassemblant des entreprises qui affirment leur volonté «d’optimiser le succès des artistes en exploitant le big data». Soit des technologies mettant à profit l’intelligence artificielle générative pour aider les musiciens à trouver des idées de chansons, d’autres créant des albums adaptés aux différentes heures de la journée, d’autres encore permettant aux chanteurs de mettre eux-mêmes à profit leur voix en créant des clones artificiels commercialisables à l’infini…
Au-delà des différentes problématiques éthiques liées au fonctionnement des technologies développées par ces start-ups – dont celle, devenue brûlante entre-temps, de l’exploitation des œuvres pour entraîner les IA sans le consentement des créateurs –, Liz Pelly a pu vérifier son intuition : l’entièreté de ces innovations a vocation à rapporter de l’argent à ceux qui les ont initiées. A la différence des artistes et maisons de disques, même les plus




