Ça commence par un plan cadré sur un ciel éclatant, découpé par de hautes fenêtres, une fine brise venant caresser les rideaux à intervalles réguliers. Ça dure comme ça, dans un silence total, pendant une longue minute. Puis on l’entend chantonner au loin et il entre dans le champ : Evan Dando, veste en velours prune, casquette mitée, guitare à la main, panotant la caméra vers un grand canapé où il s’assied avec un sourire extatique. Les interviews par visioconférences, on en soupe depuis cinq ans mais celle-ci, d’emblée, communique un certain enthousiasme. Le chanteur-compositeur des Lemonheads, figure du rock alternatif américain des années 90, est visiblement ravi de montrer qu’il a retrouvé la forme – et ses dents, tombées après une sévère addiction au crack et à l’héroïne, refaites à neuf à São Paulo, au Brésil, où il vit désormais avec son épouse, Antonia, fille du chanteur brésilien Renato Teixeira.
Mais là, tout de suite, il est à Nashville, où il vient participer à un disque hommage à Townes Van Zandt, dans la foulée de ses deux dernières sorties : un étonnant nouvel album, Love Chant, que plus grand monde n’attendait, et surtout une autobiographie comme on en lit peu dans le genre, Rumours of My Demise («Rumeurs sur mon décès», en français) – en anglais uniquement pour l’instant. Il faut remonter à celle de




