Ils sont légion ces albums prétendant exposer toutes les facettes d’un musicien. Comme si l’artiste, maladivement soucieux qu’on le comprenne, pensait pouvoir résumer son entière personne en chanson, d’une traite, sans rien laisser de côté. Là mon côté sombre, ici mon cœur amoureux, là-bas mes instants juvéniles… Scindant sa vie entre son Kinshasa natal, la France «et les avions», Fally Ipupa est plus réaliste. Il sait que c’est, au fond, impossible. «Je fais des albums pour ceux qui m’ont connu à mes débuts, pour le public congolais qui aime la rumba, détaille-t-il. Et puisque j’ai réussi à me faire une place dans les musiques urbaines en France, je fais aussi des albums pour ce public. Je dois satisfaire tout le monde.»
Alors, il alterne. En 2017, son quatrième album Tokooos lui offrait une entrée en trombe dans l’Hexagone en associant pop, rumba, musiques afro-caribéennes, rap, et en conviant des artistes comme Booba, MHD ou Aya Nakamura. Un coup vers le Congo et la rumba en 2018 avec Control, un coup vers la France et l’urbain – terme qu’il emploie de lui-même – deux ans plus tard avec Tokooos II. Et enfin Formule 7, un septième album fleuve paru en 2023, qui, respectant le principe d’alternance, s’adresse avant tout au public africain. «Comme ça quand je vais encore m’éclipser pour faire de l’urbain, les Congolais ne m’en voudront pas trop», ajoute-t-il avec malice.
Vibrations tentatrices
Pourtant, si Fally Ipupa, 45 ans, est désormais vu