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Grammy Awards 2026 : Bad Bunny et Kendrick Lamar sacrés, la surprise Billie Eilish, l’ICE vilipendée… Ce qu’il faut retenir de la cérémonie

Le Portoricain Bad Bunny est devenu le premier artiste chantant en espagnol à remporter le trophée de l’album de l’année, tandis que le rappeur américain a empoché 5 récompenses. La police anti-immigration de Trump a été critiquée de toutes parts.

Bad Bunny sur la scène des Grammy Awards à Los Angeles dimanche 1er février 2026. (DANIEL COLE/REUTERS)
Publié le 02/02/2026 à 7h17

Après le choc des rafles meurtrières menées contre les sans-papiers par la police anti-immigration (ICE) à Minneapolis, cette 68e cérémonie des Grammy Awards à Los Angeles, qui s’est terminée ce lundi 2 février au matin, a été plus engagée que d’ordinaire.

Avec 9 nominations (et déjà 22 Grammys empochés tout au long de sa carrière), le rappeur Kendrick Lamar était le grand favori de la soirée, suivi par Lady Gaga (nommée dans 7 catégories). Mais toutes les attentes convergeaient vers le phénomène du reggaeton Bad Bunny (nommé 6 fois), voix de la fierté latino et d’une défiance assumée contre la politique migratoire de Donald Trump.

Bad Bunny pour une première

Le Portoricain de 31 ans est devenu ce dimanche le tout premier artiste chantant en espagnol à remporter le plus prestigieux des Grammy Awards, celui de l’album de l’année, pour DeBÍ TiRAR MáS FOToS. «Je veux dédier ce prix à toutes les personnes qui ont dû fuir leur terre natale, leur pays, pour suivre leurs rêves», a-t-il lancé sur scène.

Debi Tirar Mas Fotos accorde une grande place aux rythmes traditionnels portoricains (salsa, bomba, plena…) et évoque la colonisation de son île natale, sous juridiction des Etats-Unis depuis 1898.

Bad Bunny a aussi obtenu les trophées de la meilleure musique latine urbaine et de la meilleure performance musicale globale pour le titre Eoo.

Kendrick Lamar flambe comme en 2025

Le rappeur américain de 38 ans s’est vu décerner 5 Grammy Awards ce dimanche à Los Angeles, dont le prix de l’enregistrement de l’année, qui récompense la qualité de la production d’un morceau, pour luther, en duo avec la chanteuse R & B américaine SZA. Ce dernier a aussi obtenu le trophée de la meilleure performance rap mélodique.

Ont également été primés le sixième disque en solo de Kendrick Lamar, GNX (meilleur album rap), son titre TV Off (meilleure chanson rap) et sa collaboration avec le duo Clipse sur Chains & Whips (meilleure performance rap). L’an dernier, le Californien était déjà reparti des Grammys avec 5 trophées pour son hit Not Like Us, sur lequel il s’en prenait au rappeur canadien Drake.

Billie Eilish crée la surprise

L’Américaine de 24 ans a remporté dimanche le prix de la chanson de l’année, qui récompense les auteurs-compositeurs, pour son titre WILDFLOWER. C’est une ballade pop-folk où la chanteuse confie avec délicatesse être tombée amoureuse de la personne ayant blessé une amie qu’elle a consolée. Le titre, écrit avec son frère et partenaire artistique de toujours Finneas O’Connell, est sorti en 2024 sur le troisième album studio de la chanteuse californienne.

Billie Eilish a créé la surprise en s’imposant face à des poids lourds comme Bad Bunny, Lady Gaga, Kendrick Lamar, Sabrina Carpenter et le titre favori Golden, tiré de la bande originale du film d’animation phénomène KPop Demon Hunters.

L’ICE largement critiquée

En recevant le prix de la meilleure musique latine urbaine, le Portoricain Bad Bunny a appelé à «mettre dehors» la police américaine de l’immigration (ICE). «Nous ne sommes pas des sauvages. Nous ne sommes pas des animaux. Nous ne sommes pas des étrangers. Nous sommes humains et nous sommes américains», a-t-il lancé, exhortant à ne pas se laisser «contaminer» par la «haine». Le chanteur adulé d’un public largement hispanique et issu de l’immigration avait annoncé, dans une interview à i-D en septembre 2025, renoncer à performer aux Etats-Unis de peur que ses concerts se changent en lieux de descente de ICE. Choisie par la NFL aux côtés de Green Day pour animer l’emblématique mi-temps du Super Bowl le 8 février (à laquelle Donald Trump a annoncé ne pas assister, condamnant «un choix déplorable»), la star de 31 ans figure parmi les artistes les plus écoutés au monde.

Billie Eilish s’est est elle aussi prise aux récentes opérations de la milice trumpienne à Minneapolis, dans lesquelles Renee Good et Alex Pretti sont morts : «J’ai l’impression qu’il faut simplement continuer à nous battre, à prendre la parole et à manifester. Nos voix comptent vraiment, les gens comptent vraiment.» La chanteuse a fini par asséner que «personne n’est illégal sur une terre volée».

Le palmarès

Album de l’année

DeBÍ TiRAR MáS FOToS – Bad Bunny

Enregistrement de l’année, récompensant l’enregistrement et la production

luther – Kendrick Lamar avec SZA

Chanson de l’année, récompensant les auteurs /compositeurs

WILDFLOWER – Billie Eilish O’Connell et Finneas O’Connell

Révélation de l’année

Olivia Dean

Meilleur album vocal pop

MAYHEM – Lady Gaga

Meilleure prestation pop en solo

Messy - Lola Young

Meilleure prestation pop en duo ou en groupe

Defying Gravity (Wicked) - Cynthia Erivo et Ariana Grande

Meilleur album rap

GNX – Kendrick Lamar

Meilleure prestation rap

Chains & Whips - Clipse (Pusha T et Malice), featuring Kendrick Lamar et Pharrell Williams

Meilleur clip

Anxiety - Doechii

Meilleur album de musique du monde

Caetano e Bethania Ao Vivo - Caetano Veloso et Maria Bethania

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