La désillusion donne le la. Début 2024, Arnaud quitte son job dans un cabinet d’avocats et se donne un an pour «vivre un peu [son] rêve dans la musique». A l’aube de la quarantaine, ce passionné de musique expérimentale, formé au violon, découvre l’envers du décor, les maisons de disques avec «un turnover de ouf» et la course à la musique consommable. Plus troublant, lors d’un séminaire de composition, il se retrouve avec des aspirants musiciens qui ouvrent leurs ordis et font tourner l’intelligence artificielle générative Suno toute la journée. «Souvent, ils demandent même à ChatGPT de créer le prompt : french pop music, bpm mini, tonalité standard, mélancolico-sadness… tu moulines et ça te génère deux morceaux.» Et un léger malaise.
En un an, Suno a fait beaucoup de bruit. Il y a eu les groupes artificiels type The Velvet Sundown, le déferlement de morceaux générés à 100 % par IA (40 000 par jour, selon Deezer),




