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Rencontre

Jason Williamson de Sleaford Mods : «Tout le monde joue à la guerre, mais plus personne n’est prêt à saigner»

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Le duo rap punk britannique revient avec «The Demise of Planet X», nouvelle chronique furax et anxieuse d’un Royaume-Uni dans la mouise. «Libération» s’est entretenu avec son chanteur, moins agité, mais toujours prompt à hurler sa vérité.

Andrew Fearn et Jason Williamson (à droite) du groupe Sleaford Mods, le 15 juillet 2025. (Nick Waplington)
Par
Jérôme Momcilovic
Publié le 19/01/2026 à 16h13

Il y a une dizaine d’années, il est arrivé à Jason Williamson ce truc qui vous arrive parfois un peu tard, quand vos artères et vos proches en ont assez de subir : il a choisi de vivre. Adieu l’alcool et la came, bonjour la thérapie. C’est un tournant aussi banal que risqué dans le monde du rock’n’roll, où il est requis plus qu’ailleurs de souffler sur les braises de la rage sans se préoccuper de savoir d’où elle vient. «Il était temps que je regarde ma colère en face, et c’est vrai que j’ai eu peur d’y perdre un peu d’inspiration, admet-il. Mais me libérer de la part la plus inutile et épuisante de cette colère m’a fait réaliser que ce que je mettais dans Sleaford Mods, c’était d’abord de la vérité. Et la vérité, surtout quand vous apprenez à la connaître, ça fait bien plus de bruit que la colère.»

Il est heureux que les sages résolutions de Williamson n’aient pas éteint le boucan de Sleaford Mods. Qui d’autre pour faire encore du bruit dans le puits sans fond où le monde a été culbuté au début de la décennie ? Deux ans après UK Grim, qui voyait Williamson décrire ce gouffre en pastichant Alien («En Angleterre, personne ne vous entend crier»

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