C’est au fin fond du XIXe arrondissement de Paris que Sylvaine Hélary reçoit dans les locaux de l’Orchestre national de jazz (ONJ). La flûtiste y occupe depuis janvier ses fonctions de directrice, un boulot à plein temps pour lequel elle compte bien s’investir les trois prochaines années. «J’aimerais bien qu’on rayonne dans plein d’endroits et à des échelles différentes, des grandes salles comme des petits clubs, mettre en place des projets pluridisciplinaires. J’ai été choisie pour cette capacité à l’ouverture.» Et aussi parce qu’elle est une femme, la première à prendre la tête de l’orchestre ? «On ne peut pas échapper à cette question.»
«Quand on t’appelle dans un groupe, tu te dis toujours que c’est pour répondre aux quotas, mais en fait il n’y a pas que ça», relativise Sylvaine Hélary. Certes, mais il aura fallu du temps pour que ce changement de perspective soit effectif dans le jazz, qui prône pourtant l’émancipation. D’ailleurs, «il manque encore des femmes qui dirigent des groupes. J’ai une responsabilité certaine à cette place, en montrant à toutes que c’est possible».
«Projet fédérateur»
Si la question du genre taraude, Sylvaine Hélary entend bel et bien voir plus loin, remettant au centre des enjeux les objectifs premiers de l’institution née en 1986 sous le patronage de Jack Lang, alors ministre de la Culture. «L’axe, c’est la transmission. L’ONJ est un bel outil qui le permet. Nous poursuivons des actions en prison comme des activités avec un collège p




