Des filaments d’argent se faufilent désormais dans sa chevelure sombre et il n’est pas d’actualité, dit Keren Ann, de les recouvrir. On n’a pas vu passer le temps, elle encore moins, depuis la parution de son premier album, il y a vingt-cinq ans, et la floraison concomitante du Jardin d’hiver d’Henri Salvador qui l’a rendue célèbre. Elle, fidèle à ses ascendances vagabondes (néerlandaises, indonésiennes, israéliennes), a beaucoup voyagé, chanté longtemps en anglais, vécu à Nolita, un quartier de New York, mais s’est sédentarisée depuis une dizaine d’années à Paris, ville qui donne son nom affublé d’un cœur, Paris Amour, à son dixième album.
Un disque court (9 titres, 32 minutes) mais qui vit longtemps en mémoire après son passage, brassant influences en contre-jour et mélodies solaires dans une langue littéraire qui stupéfie par sa beauté. Laissant à de plus jeunes, Luciani ou




