Dans l’œuvre récente de Lucy Railton, on trouve Three Or One : 24 pièces de Bach tirées de son répertoire instrumental et de ses cantates, retranscrites par le pianiste Fred Thomas. Or la violoncelliste anglaise est toujours un peu surprise qu’on lui en parle pour évoquer la diversité délirante de ses activités et comme un détour dans sa carrière récente, essentiellement dévouée à l’avant-garde puisqu’elle l’a enregistré… en 2012. «Moi aussi, j’adore ce disque, mais j’avais 24 ans à l’époque, j’en ai 39 aujourd’hui ! Manfred Eicher d’ECM est comme ça, il valide un truc et il le sort dix ans plus tard. C’est l’enregistrement le plus ancien de ma discographie, donc plutôt un point de départ qu’un détour…»
Qu’on ne s’empêche pas pour autant de mettre en regard ce Bach au firmament de la centaine de disques auxquels Lucy Railton a contribué et Blue Veil, son nouveau solo intégralement composé, arrangé et joué par elle selon les préceptes libératoires de l’intonation juste – basée sur les harmoniques naturelles du son plutôt que les notes de la gamme occidentale. En dépit des apparences d’une œuvre où se confondent violoncelle et électronique autant que performance et composition, tout est cohérent chez Lucy Railton.
L’infiniment petit du son
Attablée dans un café face au Louvre, elle résume, passionnément, le bonheur qu’elle a à créer seulement munie de son instrument, un violoncelle écossais de 1810, pour se fondre dans l’infiniment petit du son. «C’est un peu comme quand on manipu