Il a longtemps suffi de prononcer le nom d’Art Garfunkel, de Christopher Cross ou de Toto pour faire fuir tout ce que le XXIe siècle compte de fans de musique pop, rock, électronique ou autres : il n’est de genre plus méprisé que le soft rock, style poli sous le soleil californien dans la deuxième moitié des années 70 jusqu’au milieu des années 80. Nain commercial en comparaison d’un soft rock dont les ventes se comptèrent parfois en millions de disques (Fleetwood Mac, Lionel Richie, Eagles…), le punk, qui lui fut contemporain, remporta la bataille des idées : le rock doit être démocratique (c’est-à-dire non lié aux capacités techniques des musiciens), jeune, urgent et coupant.
Tout le contraire de ce qu’ont bricolé pendant une décennie quelques trentenaires barbus parfois bedonnants, portant chemise à fleurs et casquette marina, venus s’en remettre à une poignée de musiciens et de producteurs prospérant à l’ombre de studios d’enregistrements high-tech. Depuis trente ans, le soft rock a disparu ou presque en France comme ailleurs. Ni réédition (sauf au Japon), ni biographie, ni influence revendiquée, ni ouvrage dédié.
Rien. Jusqu’à ce livre signé Arnaud Choutet, déjà auteur d’ouvrages sur la musique bretonne ou Malicorne : lui s’est attaqué à ce style syncrétique au carrefour du folk, du rock chrétien, de la soul, du jazz, du country rock et du reste. L’effet de surprise due à la quasi-invisibilité du genre est un choc : revisité à la lumière froide des années 2020, le soft ro




