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Critique

Lump, d’instincts croisés

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Le nouveau disque du duo anglais, complexe et spontané, est une réussite.

Heureux de disposer avec Marling d’un genre de Formule 1 vocale, Lindsay réserve à Lump des compositions risquées. (StephWilson)
Publié le 31/08/2021 à 10h50

Laura Marling, Mike Lindsay, même leurs initiales sont en miroir. Depuis un premier album fort réussi en 2018, la blonde chanteuse londonienne et le barbu multitâche de Tunng se confondent sous l’identité Lump (morceau, bosse, grumeau), en terrain libre par rapport à leurs obligations habituelles, elle dans le folk aux effets moirés, souvent renversant, lui dans la folktronica pointilliste, parfois ennuyeuse. Heureux de disposer avec Marling d’un genre de Formule 1 vocale, Lindsay réserve à Lump des compositions risquées, qu’il confesse avoir calquées ici sur le mouvement des vagues aperçues depuis sa maison de Margate, sur la côte Est anglaise. Leur jeu consiste à ne faire découvrir à l’autre le champ d’action qu’une fois entré en studio, ce qui confère à leurs chansons une spontanéité et des prises de liberté assez éblouissantes une fois mises en forme.

L’outil a aussi son importance, selon le fétichiste Mike qui a mis en avant sur ce deuxième album un Eventide H949 Harmoniser, jadis popularisé par Bowie et Brian Eno sur Low, qui d’emblée fait des siennes sur Bloom at Night, en déployant des ondes chaleureuses qu’une rythmique replète vient manger littéralement pour revenir ensuite sur Gamma Ray avec les mêmes intentions voraces. Animal est un disque d’instinct et de science croisés, c’est ce qui en fait à la fois la beauté véné

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