Menu
Libération
On y croit

Melody’s Echo Chamber, un monde à part

Avec ce quatrième album, la Française poursuit son singulier parcours psychédélique.

Melody Prochet, alias Melody's Echo Chamber. (DIANE SAGNIER)
Publié le 03/01/2026 à 21h23

Depuis son premier album en 2012, Melody Prochet creuse un sillon psychédélique qui la distingue au sein de la scène pop française actuelle, mais ne lui a pas encore permis de rencontrer un public plus large que les habitués des cercles indies. On imagine volontiers que si Bernard Lenoir était encore à l’antenne, il signalerait chaleureusement chacun de ses disques, mais il n’est pas certain que cela aurait suffi à la faire sortir des pages des survivants de la presse musicale, Magic ou Les Inrocks. Est-ce parce qu’il n’y a pas grand-chose de véritablement «français» dans sa musique (d’ailleurs elle chante le plus souvent en anglais), ni de «moderne» en dehors de la qualité de l’enregistrement et du mixe ? En l’écoutant, on songe plutôt aux années 60 de Claudine Longet (l’Amour est bleu) ou 70 de l’Espagnole Jeanette (Porque te vas).

Trop souvent, Melody Prochet a été présenté comme «l’ex-petite amie de l’Australien Kevin Parker alias Tame Impala», alors qu’elle a prouvé depuis longtemps n’avoir besoin de personne pour lui tenir la main. Ironiquement d’ailleurs, son album le plus tripant à ce jour, Bon voyage, une odyssée onirique évoquant aussi bien Ennio Morricone que Blonde Redhead ou le Melody Nelson de Gainsbourg et Vannier, était le disque de leur rupture. Rentrée en France après l’Australie et une escale suédoise, celle qui signe ses chansons Melody’s Echo Chamber continue à poser sa voix d’enfant rebelle sur des mélodies cristallines aux arrangements luxuriants. Unclouded, son quatrième album, poursuit le voyage avec grâce. La guitare plane sur d’enivrantes orchestrations de cordes aériennes comme une Alice au pays des merveilles de Miyasaki, auquel le titre de ce disque fait, paraît-il, référence. On se perd avec délice dans ce labyrinthe, sans jamais réellement comprendre à quelles époque et monde appartient cette musique, et c’est un compliment.

Melody’s Echo Chamber Unclouded (Domino)

Vous aimerez aussi

Jeanette Tout est nouveau (1977)

Non, Jeanette n’a pas chanté que Porque te vas. En 1977, elle collabore même avec le légendaire André Popp (Piccolo, saxo et compagnie…) pour un album à la mélancolie délicieusement naïve.

Claudine Longet Love is blue (1968)

La formidable actrice (The Party de Blake Edwards) et chanteuse française à la belle carrière américaine, Claudine Longet a elle aussi chanté André Popp. Sa version de l’Amour est bleu est sublime.

Blonde Redhead Misery is a Butterfly (2004)

Des frères jumeaux d’origine italienne et une chanteuse japonaise pour un disque pop magique et rêveur qui est un virage à 180° après le rock post-hardcore de leurs débuts.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique