Ø, «Sysivalo» (Sähkö)
Quand Mika Vainio est décédé en 2017 en tombant dans la mer de Normandie à l’âge absurde de 53 ans, il était en état de grâce. En pleine maîtrise de ses machines ésotériques, libéré de Pansonic, le duo emblématique qu’il formait avec Ilpo Väisänen, le plus crucial des «sound-artists» finlandais (terme le plus approchant pour sa pratique partagée entre les squats, les raves et les galeries) venait de résoudre l’équation pour combiner en pure harmonie les différents vecteurs de sa musique : techno minimale, musique concrète, ambient spectral, industriel martelé, pop synthétique, noise et même dub – la passion la plus profonde du «King Tubby du grand nord» qu’il ne manquait pas d’étaler au grand jour dès qu’on lui laissait les clés du bar. Plusieurs albums parus avant sa mort, sous son nom (Mannerlaatta) ou le pseudonyme Ø (Konstellaatio) témoignent de ce méta genre à la fois radical et apaisé, subtilement mélodieux que le Finlandais s’était forgé pour lui-même, mais on ignorait qu’il demeurait dans les archives un ultime compendium dans lequel il s’étalait dans des contours encore plus précis et raffinés.
Autant dire que la découverte de ce Sysivalo en forme de chant du cygne fait l’effet d’un miracle. Compilé à partir




