«Comment appelle-t-on un type qui traîne avec des musiciens ? Un bassiste.» Cette blague, dans le rock, tout le monde l’a entendue, parce que pour certains, il faut du temps, longtemps, avant de comprendre à quoi sert la basse, cet instrument mal aimé, mal compris, sujet d’incessantes railleries. Pour beaucoup, ça a été les giclées de plomb de Krist Novoselic dans Nirvana, pour d’autres les secousses telluriques de Jah Wobble dans Public Image Limited, pour d’autres encore les balles de ping-pong en aluminium de Flea, la charpente bourdonnante de Cliff Burton, les acrobaties cosmiques de Bootsy Collins, l’assise inébranlable de Carol Kaye. Pour celles et ceux qui en 1989 ont accueilli le premier album des Stone Roses comme, non pas un disque, mais une offre divine, c’étaient les lignes de basse de Gary Mounfield, plus connu sous le nom de «Mani».
Liquides et profondes à la fois, au croisement exact entre punk et funk, northern soul et jangle pop, jouées mèche sur les yeux ou les cheveux en catogan serré façon Jaco Pastorius voleur de poule sur une Rickenbacker qui avait toujours l’air inexplicablement immense, capable de voler la vedette aux tissages abstraits du guitariste John Squire, impeccablement soulignée par la batterie d’Alan «Reni» Wren, batteur élastique et surdoué, et star incontestable des plus grands morceaux du groupe – I Wanna Be Adored, She Bangs the Drums, Shoot You Down et surtout le single Fool’s Gold, 9 minutes et 54 seco




