«Ne vivre que par la musique. Tenir la musique pour la vérité du monde. Etre choisi par la musique. Jouer de la musique, d’accord, mais surtout pratiquer, souffrir, jouir, rencontrer.» On ne saurait mieux résumer Michel Portal que par ces lignes qu’il avait rédigées en guise d’introduction à une conférence donnée à Paris en 2010. Sa définition de ce qu’est «être musicien» contient ce don d’ubiquité intranquille qui le caractérisait, un jour ici, l’autre là, alchimiste parfait d’une multiplicité de genres musicaux qui le rendait unique. Capable à la fois d’improviser des phrases venues de nulle part en studio avec Barbara ou de peaufiner l’interprétation d’une sonate de Brahms. Amoureux de toutes les musiques, clarinettiste ou saxophoniste, jazzman ou concertiste, compositeur recherché et improvisateur brillant, Michel Portal est mort jeudi 12 février à Paris, il avait 90 ans.
C’est à Bayonne, le 27 novembre 1935, que l’histoire a débuté. Au pied des Pyrénées, il est déjà entre deux mondes : sa mère est espagnole, son père basque. Imprimeur puis cafetier, le paternel est passionné de musique, mais n’envisage pas un instant que cela puisse constituer un métier. Seulement voilà, dans l’ADN familial il y a aussi le grand-père, directeur de l’harmonie du quartier. C’est ainsi que, tout en intégra




