GBSR Duo et Taylor MacLennan, Morton Feldman Trios (Another Timbre)
«L’Odyssée était-elle trop longue ?» rétorqua un jour Morton Feldman lors d’une question sur la longueur déraisonnable de certaines de ses œuvres telles son String Quartet No. 2 (cinq heures), ou For Philip Guston, trio pour piano/célesta, flûte et percussions (quatre heures et demie). Le compositeur américain, pilier de la New York School, expliquait sa volonté de faire disparaître la problématique de la «forme» de l’œuvre musicale en lui substituant celles d’«échelle» et de «proportion».
Une ébauche d’indice pour éclairer la singularité de l’expérience de sa musique – la plongée dans une œuvre étendue de Morton Feldman transporte au firmament des épreuves les plus puissantes que l’on puisse faire du son, et du temps par l’entremise de la musique. A dessein – l’Américain, en rupture de plus en plus assumée avec Pierre Boulez dans le dernier pan de sa carrière, décrivait sa musique comme «une surface qui se construit avec du temps» tout en estimant l’aspect physique du son comme la «réalité ultime» de son art.
Composées pour son propre groupe Morton Feldman and Solists, les trois œuvres tardives choisies par Siwan Rhys, George Barton et Taylor MacLennan (Why Patterns ? de 1978, Crippled Symmetry de 1983, For Philip Guston, 1984) pour Trios sont emblématiques de l’esthétique reconnaissable entre mille de Feldman, patiente et détachée des injonctions harmonieuses comme atonales, et




