«Je ne me suis jamais sentie aussi bien dans une ville qu’à Bamako.» Eve Risser ne masque pas sa joie d’avoir croisé la voix de Naïny Diabaté, chanteuse qui commençait à se faire un nom au Mali quand la Française se mettait tout juste à pianoter. Une trentaine d’années plus tard, elles se sont donc retrouvées telles qu’en elles-mêmes, deux âmes de cheffes au milieu d’hommes.
Dans la capitale malienne, la native de Colmar cherchait alors à monter une création avec les musiques du Sud-Sahel. «Ça fait des années que j’en écoute, mais je n’osais pas franchir le pas, craignant d’avoir une attitude néocolonialiste. Sébastien Lagrave du festival Africolor m’a fourni de bons conseils, et c’est comme ça que j’ai rencontré Naïny. J’avais réuni un groupe de neuf personnes en Europe et elles étaient sept au sein de son groupe ! Parfait.» C’était sans compter avec les problématiques logistiques – un tel ensemble représente une belle somme – mais voilà Eve Risser s’y atteler coûte que coûte, soutenue par Points communs scène nationale de Cergy-Pontoise, où elle est alors en résidence. Et c’est ainsi qu




