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«Nous ne sommes pas des animaux» : aux Grammy Awards, le grand vainqueur Bad Bunny se fait tribun contre l’ICE et la fascisation des Etats-Unis

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Quelques jours avant sa performance au Super Bowl largement contestée par Trump, la superstar portoricaine a été honorée de trois récompenses dont celle de meilleur album de l’année. Il en a profité pour fustiger l’ICE et dédier son prix à son île et aux migrants. Acmé politique d’une cérémonie moins enflammée qu’on aurait pu s’y attendre.

Bad Bunny, dimanche 1er février à Los Angeles. (Chris Pizzello/Chris Pizzello/Invision/AP)
Publié le 02/02/2026 à 10h47

C’était attendu, la moindre des choses. Bad Bunny, l’artiste hispanophone le plus écouté dans le monde, a reçu cette nuit au Staples Center de Los Angeles le plus prestigieux des Grammy, celui d’album de l’année pour son sixième, DeBÍ TiRAR MáS FOToS (DTMF, pour les nombreux intimes, en France y compris), le tout premier petit gramophone doré remis à un artiste de langue espagnole. C’était attendu, la moindre des choses, Benito Antonio Martinez Ocasio, 31 ans, était ému, et remonté. D’ordinaire dissimulé derrière un poker face plein de rollo («swag»), le Portoricain en tuxedo impec, fleur blanche à la boutonnière, a parlé politique. A plusieurs reprises.

D’abord au moment de recevoir le prix pour le «Best Música Urbana Album» («meilleur album de musique urbaine latina») face à J.Balvin ou Nicki Nicole, et qu’il remportait pour la troisième fois depuis 2020. «Avant de remercier Dieu, je vais dire : “ICE dehors”, a-t-il déclamé visage solennel, mâchoire serrée, déclenchant un tonnerre d’applaudissements et une standing ovation. «Nous ne sommes pas des sauvages, n

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