La Féline a plusieurs vies mais, contrairement aux chats, elle les vit toutes en même temps. On rencontre ainsi à Lyon celle qui publie un nouvel album intitulé Tarbes, sa ville de naissance, autour de laquelle elle a tressé un éblouissant récit en chansons qui entremêle souvenirs intimes, regard photographique, vignettes d’histoire et fiction au présent. Aux Beaux-Arts de Lyon, elle redevient Agnès Gayraud, théoricienne remarquée en 2018 pour son ouvrage Dialectique de la pop, essai stimulant sur l’esthétique musicale imprégné par son adoration d’Adorno. Elle donne aussi des cours à des étudiants sensibles aux installations sonores, reprenant en partie son habit d’artiste. Pour l’heure, c’est donc à Tarbes («deux minutes d’arrêt», prononce la voix SNCF à la fin du bouleversant morceau-titre introductif) qu’elle choisit de consacrer le quatrième disque de La Féline, mais si elle s’efforce de compartimenter les registres, l’essayiste vient à l’occasion doper l’inspiration de la musicienne : «Je parlais dans mon livre de la notion du «going back home» qui anime toujours les chanteurs et chanteuses country. La plupart ont d’ailleurs quitté leur ville, ils n’y reviennent pas, mais leurs chansons d’y réfèrent toujours. Tarbes, c’est un peu mon Texas à moi.»
«L’obsession de la justesse»
La ville est moyenne mais l’album est grand. Après les aspirations cosmique




