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On y croit

The Molotovs, nouveaux enfants du rock

La jeune fratrie londonienne Issey et Mathew Cartlidge, phénomène de scène, livre un premier album incandescent.

Mathew, 17 ans, et Issey Cartlige, 19 ans, frère et sœur, forment The Molotovs. (DR)
Publié aujourd'hui à 17h31

Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que, à l’origine, le rock’n’roll était une musique pour teenagers, c’est-à-dire d’adolescents, généralement en rut. On ne sera donc pas surpris qu’Issey Cartlidge, la sémillante bassiste de The Molotovs résume ainsi la philosophie de son groupe : «De la musique jeune faite par des jeunes pour des jeunes !» Jeunes, The Molotovs le sont indéniablement puisque Issey n’a pas encore 20 ans et que son frère Mathew, le guitariste, chanteur, parolier et compositeur du «power trio» en a seulement 17. Et à l’âge où leurs congénères s’escriment généralement avec leurs instruments dans un garage ou, plus souvent, font leurs premiers pas de beatmakers, les Cartlidge ont déjà 600 concerts furieux à leur actif. Un palmarès impressionnant qui leur vaut d’avoir été bombardés fer de lance de la jeune scène rock britannique et adoubés par une partie de l’aristocratie locale du genre, de Paul Weller aux Libertines.

Après trois singles emballants (sous réserve qu’on apprécie le rock’n’roll à la sauce mod du type The Jam), le duo et le batteur Noah Riley (un vieux de 22 ans) passent à la vitesse supérieure en livrant ce premier album composé de onze titres inflammables et néanmoins mélodiques. Les textes abordent les angoisses existentielles des deux leaders du groupe : dictature du digital, crise environnementale et questionnements bien légitimes sur leur futur de musiciens. La hype du groupe était telle qu’on pouvait se demander s’il serait capable de relever le défi du premier album. Il l’a clairement été tout en prouvant au passage que, plus de 70 ans après sa naissance, le rock’n’roll est toujours une musique de jeunes.

The Molotovs Wasted on Youth (Marshall Records)

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