Théa aime la musique depuis toujours. C’est la vieille rengaine de tous les artistes, le sempiternel refrain de la vocation qu’on a depuis le berceau. Mais elle promet, c’est la vérité. L’artiste parisienne de 24 ans est lovée dans un canapé en cuir, tout un attirail de bagues aux doigts et des mèches blondes qui se baladent sur les joues. Ses traits sont un peu tirés aussi, stigmates d’un périple à la Réunion la veille pour un concert donné là-bas. Non vraiment, c’est que la musique c’est toute sa vie, même si parfois c’est éreintant, elle pianote jusqu’à l’aube sur son ordinateur pour fabriquer des sons, quand elle ne fait pas la fête sur scène.
C’est comme ça depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvient. «Je tapais sur tout et n’importe quoi enfant», pour faire des percussions, tout devenait un instrument de fortune. «Mes parents ont vu l’intérêt que j’avais, ils m’ont encouragée, ont toujours trouvé ça cool.» Ce n’est pas une lubie adolescente, c’est vraiment ce qui l’enthousiasme par-dessus tout. Elle fait un tour dans un lycée catholique, ses cheveux teints et ses piercings ne sont pas au goût de l’établissement, elle détonne trop et déchante vite dans ce microcosme austère. «Je suis ensuite allée dans un lycée parisien autogéré. Là-bas j’ai découvert la liberté, le fait de pouvoir accorder du temps à la musique.»
Tout fabriquer sur son PC
A côté, elle compose compulsivement sur son ordinateur. «Je me suis mise à beaucoup chanter, écrire, m’entraîner, faire des morceaux. J




