C’est entre deux avions, deux concerts, que Kayhan Kalhor prend le temps de nous répondre dans un américain teinté d’accent. En cette veille de Noël 2025, l’Iranien était aux Etats-Unis, un pays où il a longtemps vécu, notamment en Californie. Jusqu’à ce qu’il décide de rentrer en Iran voici une dizaine d’années, pour plein de raisons comme il dit. La mauvaise : «L’administration Trump ayant mis en place des restrictions vis-à-vis des musulmans, notamment iraniens, ma femme était astreinte à devoir toujours demander un visa. L’incertitude de ne pas revenir était trop grande.» La bonne : «Revenir en Iran était dans l’ordre des choses. J’ai quitté mon pays à 17 ans, bougeant à travers le monde entier. Comme beaucoup d’Iraniens de ma génération, notre pays nous manquait.» En cette fin d’année, il croit encore en un futur dans ce pays. «La société iranienne est très clairvoyante, curieuse et soucieuse du monde. Et depuis la place que j’occupe, je peux vous dire qu’il y a beaucoup de désirs. Il est crucial d’aider les talents émergents et d’être à l’écoute des créations multiformes de cette génération qui a son propre agenda.»
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