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Trouble fête : à Lille, Pierre Gordeeff fête un câble

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Fontaines glougloutantes, ampoules grésillantes… Le créateur sonore et génie fiévreux du bricolage sera présent le 25 novembre au festival lillois dédié aux pratiques brutes de la musique, pour une table ronde en compagnie d’autres architectes de machines musicales conçues comme des extensions d’eux-mêmes.

Pierre Gordeeff au milieu de ses créations.
Publié le 20/11/2025 à 14h16

Au milieu d’une pièce obscurcie se dresse un édifice gigantesque de bois et de câbles en mouvement parmi lesquels s’agite un petit homme pieds nus. Ce qui semble un fatras incompréhensible pour le spectateur tombe sous le sens pour Pierre Gordeeff, aux manettes d’un tableau de bord qui déclenche éléments sonores, ressorts et courroies, fontaines glougloutantes, ampoules grésillantes… Une véritable manufacture de musique répétitive qui finit par tourner toute seule après de nombreux ajustements et a un tel pouvoir de fascination qu’on ne remarque même pas que l’homme a disparu, jusqu’à ce qu’on l’entende éclater d’un rire strident derrière nous : «Ça brûle !» Hilare, il se précipite vers une courroie qui fume pour débrancher l’élément de sa structure mère tentaculaire, trifouiller quelques câbles, piétiner une étincelle au sol, puis initier lentement, couche après couche, la métamorphose de la machine vers sa prochaine séquence musicale.

Cerveau tourmenté

Ce génie fiévreux du bricolage passé par les beaux-arts de Nantes vit et travaille dans un hameau d’Ille-et-Vilaine où prennent forme des architectures sonores à l’image de son cerveau tourmenté. S’il faut voir, sentir et entendre fonctionner les machines en temps réel pour saisir l’ampleur de son œuvre (on a eu cette chance en septembre), Pierre Gordeeff a pour la première fois enregistré des morceaux qui sortiront en décembre sous la forme d’un disque chez la Belle Brute, structure dédiée aux musiques d’outsiders.

En outre, l’artiste s

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