Kieran Hebden + William Tyler, «41 Longfield Street Late ‘80s» (Temporary Residence Ltd.)
Ce printemps, William Tyler, guitariste virtuose et continuateur de la tradition expérimentale du folk intronisée vers la fin des fifties par John Fahey, a fait sortir sa musique de ses gonds. Sans tourner le dos aux plaines du Midwest dont les vents chargés soufflent le chaud et le froid sur son americana sophistiquée, Time Indefinite, son premier album solo en cinq ans, en faisait exploser les formes, brouillant ses riffs rêveurs dans des tempêtes de bruits et lambeaux de musiques fantômes attrapés dans les ondes ou au fond des sillons de vieux 78 tours, puis manipulés à l’aide d’un vieux magnétophone à bande.
Tyler, on l’a appris depuis, a posé les bases de ce disque alors qu’il était au travail sur un projet d’album avec Kieran Hebden, alias Four Tet, superstar de l’underground électronique anglais dont on connaît depuis les premiers albums la passion pour le folk américain ou anglais (ce n’est pas par hasard que la critique anglo-saxonne a longtemps qualifié sa musique de «folktronica»). Enregistré entre Nashville, L.A. et un silo à grain du Colorado, titré en hommage à la maison londonienne où était entreposée la collection de disques de folk américain du père d’Hebden, 41 Longfield Street Late ‘80s est un disque-pont entre deux musiciens, deux territoires, deux musiques, qui embarque en déjouant presque toutes les attentes, en premier celle d’un album d’ambient americana emmerdante.
Ecoutez donc Spider Ballad, odyssée minimaliste jouant à c




