Seize millions d’euros d’argent public, initialement fléchés pour ouvrir l’esprit des jeunes citoyens français à la littérature de Maeterlinck et aux expérimentations plastiques de la figuration libre sont finalement revenus à des entreprises proposant des activités d’escape game ? La révélation de la Cour des comptes sur les usages individuels du Pass culture ne passera pas inaperçue. Certains observateurs s’étaient déjà scandalisés que ce dispositif phare de la politique culturelle d’Emmanuel Macron, permettant à tous les jeunes de bénéficier d’un crédit de 300 euros pour accéder aux activités culturelles de leur choix, soit principalement utilisé pour acheter des mangas (les défenseurs du genre apprécieront). Mais cet «escape game gate» illustre plus que jamais, selon la Cour des comptes, le besoin urgent d’un contrôle qualitatif des offres présentes sur l’application, là où le seul objectif quantitatif semble avoir jusqu’alors prévalu («39 000 offres !» tacle la Cour). La qualité, donc, pour réformer cet outil aux objectifs «larges et ambitieux», conclut-elle ce mardi 17 décembre, l’air de dire «trop ambitieux».
La plus haute juridiction financière se dit consciente de la «complexité» à définir les critères de la qualité artistique. Mais en tout état de cause, c’est au ministère de la Culture de définir ces crit