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«Rematch», échecs et tech

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La défaite de Kasparov contre le super-ordinateur d’IBM en 1997 vue comme une préfiguration des angoisses d’aujourd’hui face à la montée en puissance de l’IA.

Garry Kasparov accède aux demandes d’IBM qui veut un match retour pour sa super-machine, battue un an plus tôt. (Leo Pinter)
Publié le 27/09/2024 à 17h32

Il faut reconnaître à Rematch son impressionnant sens du timing : transformer le duel entre Garry Kasparov et Deep Blue en thriller, c’est installer son récit aux avant-postes de l’euphorie contemporaine autour de l’intelligence artificielle. Rejouer l’affrontement entre l’indétrônable champion du monde russe et le supercalculateur d’IBM aujourd’hui, c’est l’installer en événement fondateur de nos temps inquiets, faire de la défaite de l’humain sur l’échiquier les prémices des angoisses qui gagnent aujourd’hui les champs artistiques, éducatifs et professionnels. New York, 1997, donc. Garry Kasparov accède aux demandes d’IBM qui veut un match retour pour sa super-machine, battue un an plus tôt. Dans le coin gauche, une armoire de deux mètres pour 120 kilos représente l’avenir, la big tech en passe de prendre possession du monde (Apple, Google, Amazon). Dans le coin droit, un petit Azerbaïdjanais frisé au regard intense, incarne la tradition, la capacité d’analyse et l’imagination humaine.

Rematch n’est pas un portrait de Kasparov. Certes la série lui colle au train, au point que certaines de ses routines semblent vite familières (la montre posée sur la table, les doigts qui caressent les pièces, la poignée de main), mais elle dit peu sur des pans entiers de sa vie, notamment la place grandissante qu’il accordera à la politique et à l’opposition au régime soviétique d’abord

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