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«Santa Park» d’Ambre Kahan : frissons divers

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Après une adaptation remarquée de «l’Art de la joie», la metteuse en scène livre sa première création à destination du jeune public, une pièce à tiroirs joliment bordélique, dont s’échappent fantômes, chauve-souris et petits soldats.

«Santa Park» se déroule comme une boîte à malice truffée de références. (Léa Thuong-soo/Les Célestins, Théâtre de Lyon)
Publié le 21/12/2025 à 21h48

Guidés par petits groupes, à la lueur bleue d’une torche, les spectateurs plongent dans une salle obscure, où bat un violent orage. Les acteurs, un poil inquiétants, le visage masqué, jouent aux éclaireurs. Dans la pénombre brumeuse de ce drôle de drame, bricolé avec les outils d’un imaginaire débordant, la moindre forme devient bizarre.

Car ici, à Santa Park, il est loisible de cracher dans le bol de son voisin au petit-déjeuner ou de se coiffer avec une serpillère. Car rien ni personne qui y habite n’appartient au monde ordinaire. Pas moins Hécate, une jeune fille bibliovore et capricieuse, ou Arthur, son cousin, un gentil garçon aux pommettes plus saillantes que son courage. Hécate (interprétée par la talentueuse Elise Martin) porte bien son nom, tant elle manigance de vilaines choses, comme jouer au volley avec la tête de son cadet. Il lui faudra alors rejouer Massacre à la tronçonneuse, en version soft, dans une petite cabane close. Peu de temps après cette scène, un petit spectateur effrayé quittera la salle.

En signant son tout premier spectacle jeunesse, Ambre Kahan cherche les notes d’un gore enfantin et tire sur la corde sensible, la peur. L’angoisse, tout d’abord, qu’évoque le mot «coma» prononcé par un homme en slip flanqué d’un chapeau rouge style tête de tambour – tout le monde l’appelle le gardien. Ce drôle de personnage, qui évolue «quelque part entre nulle part et l’au revoir», que garde-t-il ? Les enfants ou cet étrange parc ?

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