C’est un spectacle de cinq heures qu’on prend en cours de route, comme une conversation à laquelle on se mêlerait inopinément, sans que les présentations ne soient faites. De présentation, on n’en a d’ailleurs pas besoin, car lorsqu’on entre dans la salle, Jean-Luc et Marguerite sont sur le plateau, Godard et Duras évidemment, ils essaient de s’entendre un peu, échangent leurs désaccords notamment sur Shoah, le film de Lanzmann, s’embrouillent, se réconcilient, le plus acerbe et désespéré des deux étant le cinéaste helvète. Et ce qui apparaît immédiatement, c’est le talent fou de Didier Menin (Jean-Luc Godard) et Camille Perrin (Marguerite Duras) pour ressusciter d’une mimique, d’une intonation l’un et l’autre sans jamais sombrer dans l’imitation. Ce sont eux qui tiennent les rênes, impulsent le rythme de la représentation traversée par de nombreux personnages, se chargent de la texture sonore et de tout ce qu’un son peut charrier d’une époque. Le récit, relativement pédagogique, est donc pris en charge par seulement deux acteurs tantôt interprètes des différents protagonistes, tantôt narrateurs, à la régie d’une radio libre comme il en fleurissait alors. Sur le plateau, il y a aussi la
Théâtre
«Sauve qui peut (la révolution)», Godard et Duras sont sur un plateau
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Dans une fresque érudite, Laëtitia Pitz, qui adapte le roman de Thierry Froger, use d’ellipses, de télescopages et d’archives pour donner vie à des échanges bouillonnants et fictionnés.
Didier Menin (Jean-Luc Godard) et la scénographe et plasticienne Anaïs Pélaquier. (Jean Vales)
Publié aujourd'hui à 15h09
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