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Critique

Au théâtre du Châtelet, «la Cage aux folles» s’envole dans les plumes

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Ravivée avec une débauche de moyens et d’entrain par Olivier Py, la comédie musicale rutilante centrée autour de Laurent Lafitte s’épanouit en ode pour la tolérance.

Albin-Zaza est incarné(e) par un Laurent Laffite des grands soirs. (Thomas Amouroux)
Publié le 21/12/2025 à 13h34

De l’ombre à la lumière. Voici une quinzaine d’années, un comédien en devenir présentait sur scène son premier spectacle, au titre bravache : Laurent Lafitte, comme son nom l’indique. L’action, encore discrète, se déroulait au Palais des glaces, où, sans fond de tain, l’impétrant devenait aussi bien un chorégraphe du Lido haut en couleur que Claude, confessant les joies du fist-fucking dans les backrooms. Sur l’affiche, l’humoriste, qui assurait déjà regarder plus loin en direction du théâtre, portait une couronne et un panache de plumes roses. Autant dire que, de ce point de vue camp, l’heure est, fin 2025, au sacre en grande pompe : la Cage aux folles ravit le public du Châtelet qui, le rideau à peine baissé, se lève chaque soir comme un seul homme – femmes comprises.

A la perspective du lifting de la comédie à succès, on pouvait s’interroger sur la pertinence de ressemeler un «classique» qui, par pièce, film(s) et comédie musicale interposés, avait permis à l’homosexualité la plus extravertie de rentrer dans tous les foyers, autant qu’elle capitalisait sur son expression la plus caricaturale. Des réserves qui, deux heures et demie plus tard, fondent comme mascara sous les sunlights tant, avouons-le, il faudrait être le dernier des pisse-froid pour, a fortiori dans ce contexte émollient des agapes saisonnières, bouder l’entrain superlatif des comédiens, chanteurs, danseurs et musiciens, au diapason d’une débauche de moyens déployés vers la plus tolérant

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