C’est le décor avant tout qui saisit quand on entre dans la salle haute et profonde des Bouffes du Nord, à Paris. Le sol et le mur face à nous sont pris dans une même gangue de chair rose, violine, humide et plissée. Des vêtements teints et imbibés de silicone sur lesquels les interprètes, en pleine répétition de Chiens, la nouvelle création de la metteuse en scène Lorraine de Sagazan, avancent en chaussettes.
Au fond de la scène, c’est une montagne de ces vêtements coagulés qui s’élève, paysage ou créature désolés. «Ou charnier, poursuit Lorraine de Sagazan. Cette matière, comme un tissu de peaux ou de muqueuses, est pour moi une image d’une certaine industrie de la pornographie, qui veut aller plus loin que la nudité. Qui veut voir à l’intérieur des corps, disséquer.»
Grand procès des violences sexuelles
Sur deux piliers du théâtre, de chaque côté de la scène, un trigger warning (avertissement au public) apparaît, qui sera projeté au début de chaque représentation : «Ce spectacle contient des descriptions de violences sexuelles, d’exploitations et d’humiliations racistes et sexistes, nous vous invitons à prendre soin de vous et à vous sentir libres de quitter la salle à tout




