C’est le scénario que redoute l’exécutif, une agrégation des colères qui mettrait définitivement à l’arrêt un pays déjà fragilisé par la pandémie. Jusque-là, le compte n’y était pas, les quelques manifestations organisées ici ou là, contre la loi «sécurité globale» ou les violences policières, n’ayant guère fait le plein. Mais, en ce début de printemps, l’occupation progressive des théâtres pour protester contre la fermeture persistante des lieux de culture pourrait bien changer la donne. Car plus le mouvement prend de l’ampleur, plus il agrège les précaires de tous les secteurs, les sans-voix, les «laissés-pour-compte de la macronie» comme l’explique l’artiste Emmanuel Meirieu. Certains appellent ça des «clusters de mécontentement», des mini-ZAD où se concentre la rage, celle des intermittents, qui réclament le prolongement de l’année blanche, mais aussi de la CGT, des étudiants, de la Confédération paysanne, des jeunes pour le climat, des soignants ou des salariés de l’industrie victimes de plans sociaux. On en compte au moins une soixantaine sur tout le territoire et, vu le retard pris par la campagne de vaccination, ce chiffre pourrait augmenter. Les occupants ont entre 18 et 70 ans et squattent des théâtres comme d’autres, il n’y a pas si longtemps, campaient sur les ronds-points.
Editorial
«Des mini-ZAD où se concentre la rage»
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L’occupation d’une soixantaine de théâtres français prend de l’ampleur, agrégeant les sans-voix de tous les secteurs. A un an de la présidentielle, ce début de convergence des luttes pourrait inquiéter l’exécutif.
Occupation du Théâtre de la Criée. - le 20mars 2021 à Marseille. (Yohanne Lamoulère/Libération)
Publié le 22/03/2021 à 6h56
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