En 2010, la romancière Marielle Hubert, alors metteuse en scène, crée les Ames rouges. Une mère y impose quotidiennement à sa fille de «jouer à papa». Sur scène, si des actes sexuels sont explicitement mimés, beaucoup ne voient pas l’inceste. «Une spectatrice est revenue plusieurs fois et ne comprenait toujours pas. Il y a le tabou, et puis le tabou dans le tabou : les abus des mères», explicite l’autrice qui a, depuis, remis ces problématiques au travail dans son deuxième livre.
Seize ans plus tard, l’impression que les pièces de théâtre sur l’inceste se multiplient devient dès lors sujette à caution. Réalité statistique ou illusion d’optique propre à la levée du déni ? C’est avec Œdipe roi, d’après Sophocle, qu’Eddy D’aranjo abordera prochainement ces questions à l’Odéon. Un texte vieux de plusieurs millénaires.
Les violences sexuelles intrafamiliales ont toujours été là. Et se perpétuent. En France, 160 000 enfants en sont victimes chaque année selon la Ciivise. Ils et elles ont toujours parlé. On ne les entend toujours pas.




