Se laisser plonger dans Anima, l’installation de Noémie Goudal et Maëlle Poésy le 14 juillet, sous une nuit grise, épaisse, enfumée, alors que l’incendie qui ravage plus d’un millier d’hectares au sud d’Avignon est à peine maîtrisé, ce n’est pas rien. Une pluie de cendres s’est abattue jusqu’au soir sur les chevelures, les vêtements, les gobelets des festivaliers, les scènes, les assiettes, les terrasses des restaurants, elle grisaille l’atmosphère. Des conversations, des acteurs en plein jeu, s’interrompent pour cause d’escarbilles dans l’œil. Une odeur de cramé remplit les rues, les remparts semblent protéger la ville du feu, et chacun de scruter le ciel en s’interrogeant sur son parcours, avec la sensation d’être cernés. Et nous dans la nuit, au milieu d’un gigantesque triptyque – trois panneaux de six mètres hauteurs – sur lesquels sont projetées des strates de paysages photographiés par Noémie Goudal – qui présente aux rencontres photographiques d’Arl
Performance
Festival d’Avignon: «Anima», feux de détresse
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Noémie Goudal et Maëlle Poésy montrent les ravages de l’anthropocène dans une installation qui se confond à la pluie de cendre qui tombe sur Avignon.
Dans «Anima», l'artiste de la suspension, Chloe Moglia, se déplace tel un paresseux, dans le vide, et semble ne tenir qu’à son souffle, qu’à sa force respiratoire, comme si l’air la soutenait. (Christophe Raynaud de Lage/Festival d'Avignon)
Publié le 17/07/2022 à 21h41
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