Menu
Libération
Critique

«In bocca al Lupo», de Judith Zagury : loup y es-tu

Réservé aux abonnés

La fondatrice d’un laboratoire de recherche théâtrale sur la présence animale tire une pièce documentaire de son travail sur le canidé pour en faire un miroir grossissant de nos sociétés.

Ce soir-là, comme tous les autres, il y avait trois humains et trois chiens sur le plateau. (Chloé Cohen)
Par
Aïnhoa Jean-Calmettes
Publié le 09/11/2025 à 17h42

Lorsqu’un soir d’hiver 2022, Judith Zagury reçoit un coup de fil la prévenant que la meute a été aperçue à 200 mètres de Gimel, en Suisse, où elle vit et travaille avec ses animaux, elle est sidérée de son sentiment de vulnérabilité. La fondatrice du ShanjuLab, laboratoire de recherche théâtrale sur la présence animale, savait, pourtant, que les loups étaient revenus dans le Jura Vaudois après plus d’un siècle d’absence : elle menait une enquête sur le sujet depuis trois ans. Seulement savoir et «ressentir dans ses tripes» sont deux choses bien différentes.

In bocca al Lupo, la pièce documentaire issue de ce travail de terrain, débute avec la diffusion de cet appel. Comme une profession de foi envers la capacité de l’art à nous faire penser autrement, par la sensation et dans un tremblement. La peur d’abord. Puis un immense désir, venu du fond des âges, d’apercevoir le loup. Surmontant les spectateurs assis tout autour de la scène, des écrans de différentes tailles diffusent des images captées par pièges vidéo. La neige qui tombe, épaisse, le vent dans les arbres, zoom sur un pelage dru – un sanglier. Les films projetés ne so

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique