C’est une histoire que l’on connaissait déjà, bien qu’on en ait oublié certains aspects. C’est une rage de laquelle on parle davantage depuis quelques années. C’est pourtant un récit qui prend toujours autant aux tripes : celui d’Odette, victime de viols répétés par un «ami de ses parents» à partir de ses 8 ans. Quand Andréa Bescond vient de créer les Chatouilles, elle ne dit pas qu’elle y raconte aussi sa propre histoire. Nous sommes alors en 2014, et le mouvement #MeToo n’a pas eu lieu, l’important rapport Sauvé sur la pédocriminalité dans l’Eglise n’est pas encore publié, la Ciivise n’existe pas. Lors de l’édition 2014 du Festival d’Avignon, Andréa Bescond joue sa pièce pour la première fois au Chêne noir ; la salle est quasiment vide.
C’est devant cette poignée de spectateurs qu’elle a incarné Odette pour la première fois. Dès les premiers instants, on comprend. Si cet «ami de famille» sourit d’oreille à oreille, personne dans le public ne s’y fie. Bescond raconte donc l’histoire de l’enfance volée d’Odette, de cette