De nos jours, le public qui peuple les salles dédiées à l’humour est souvent jeune et métissé. Mais pas celui de Valérie Lemercier, pour autant qu’on puisse en juger, dans la réplétion cossue du théâtre Marigny où, au bas des Champs-Elysées, l’on se presse depuis la mi-octobre. Un constat imputable au lieu, aux antipodes des turbines à punchlines type comedy club, comme au prix des places – fatalement élevé. Ainsi, naturellement, qu’à l’artiste elle-même qui draine un auditoire «générationnel» friand des saillies de ses précédentes créations, fort parcimonieuses au demeurant, avec désormais un total de six, en trente-six ans ! Une rareté, inversement proportionnelle à sa présence régulière au cinéma (comme actrice et, parfois, réalisatrice), accentuée par le fait que la sexagénaire alerte s’est toujours crânement opposée à l’idée d’être filmée sur scène.
Après «Valérie Lemercier au Splendid» (1989), «Valérie Lemercier au Théâtre de Paris» (1995), etc. – titres par défaut de spectacles qui n’en ont jamais eu – nous voici donc, après dix ans d’absence scénique, «à Marigny», pour une création conforme à l’idée qu’on se faisait d’une petite heure trente drolatique et cocasse incarnée par une artiste qui, en matière d’écriture (avec sa fidèle complice, Brigitte Buc, dans l’ombre) et d’interp




