Combien de présidents peut-on raisonnablement interpréter dans une vie d’acteur ? Autant qu’on veut, répondrait Podalydès, qui en est à deux mais doit déjà s’entraîner à faire Giscard ou Hollande devant sa glace, tant le sociétaire de la Comédie-Française ne cesse de gonfler son aura d’acteur-pays – on le verra bientôt en Maigret. D’acteur-machine aussi, avec ce que cela comporte de dérisoire, de succession de numéros d’imitation, au détriment de l’incarnation : ainsi Poda fut Sarkozy (dans la Conquête), épaules rentrées, grandes enjambées, yeux fébriles ; et Poda est maintenant Mitterrand, joues pendantes, allure pesante, mystère perpétuel des intentions cachées derrière ses yeux mi-fatigués mi-rieurs.
Mitterrand confidentiel scinde son portrait d’homme de pouvoir en deux époques, qui s’alternent pour finir par se rejoindre : une fin de règne marquée par les affaires (écoutes de l’Elysée, révélations de Pierre Péan sur sa jeunesse d’extrême droite, Mazarine) et la




