Oscar et Ana sont à l’aube de leurs 30 ans quand ils se rencontrent au milieu des effluves d’un réveillon du 31. Oscar est né dans les dernières minutes de l’année ; Ana dans les premières de la suivante. Il promène une tristesse qui pèse des tonnes ; elle désarme tout le monde d’un sourire et rêve de s’envoler pour le Canada. Ils sont beaux, jeunes et s’aiment le temps d’une nuit qui échappe au temps. La question du temps est essentielle dans Los Años Nuevos. D’abord parce que la création de Rodrigo Sorogoyen (Antidisturbios, As Bestas) et des scénaristes Sara Cano et Paula Fabra, ne regarde l’histoire d’amour entre Oscar et Ana qu’à l’aune de ces 31 décembre. En dix épisodes, c’est donc dix années d’une vie commune ou séparée qui se déploie. En accéléré mais par le petit bout de la lorgnette.
Ludique et parfois comique, ce double dispositif maintient le spectateur dans un état de retard perpétuel face Oscar et Ana. D’un épisode à l’autre, une barbe se transforme en moustache, des tempes se chargent de gris, des cheveux longs laissent place à une coupe à la garçonne. La vie file. Constamment obligé de faire le point pour dissiper le flou de ces personn




