«Il pleut sur Nantes» et cette pluie-là «rend mon cœur chagrin», chantait Barbara. Il pleuvait encore sur Nantes quand on est arrivé au musée des Arts. Et il pleuvait jusqu’à l’intérieur de l’exposition parce qu’elle ne montre que cela, la pluie dans des tableaux, des photographies et des gravures où il pleut. Pourtant, rien d’aussi chagrin que dans la complainte. «Sous la pluie» expose des scènes de rues ou des paysages imprégnés d’humeurs infiniment variées. Ici, la flotte tombe dru sur des passants qui se ratatinent sous la douche froide. Ailleurs, elle renverse des paysages marins et la toile entière, déluge noirâtre de gouttes tourbillonnantes, sublimes, apocalyptiques, poignantes. Ailleurs encore, l’averse, passagère, amuse ou indiffère ceux qui, prévoyants, ont pensé à prendre leur parapluie, accessoire popularisé sous la monarchie de Juillet par Louis-Philippe en personne, surnommé «le roi au parapluie».
L’exposition se mêle ainsi de retracer l’histoire de la pluie, des humeurs qu’elle induit, des techniques qui affinent la mesure des précipitations, et des innovations qui permettent de s’en protéger mai




