L’adresse circulait dans le réseau des squats militants et lieux alternatifs parisiens depuis quelque temps : un bâtiment du XIXe siècle aux dimensions exceptionnelles serait vacant depuis quatre ans dans le XXe arrondissement, vers le quartier Pelleport plutôt résidentiel et pauvre en équipements culturels. Alors, fin avril, quand les membres du collectif DSXL se sont introduits dans le local, c’est comme si cette ancienne filature textile aux grands espaces modulables avait battu des cils pour les draguer : une pancarte, témoin d’un autre temps, affichait à l’intérieur «Welcome to Atomic City». «Atomic City», du nom d’une ancienne marque de jean, jadis développée dans cet atelier. «Atomic City», qui semblerait dire aussi «ma cité va exploser», en l’occurrence le Paris de 2022, cette ville dont la tension immobilière et le nombre de mètres carrés vacants atteignent des niveaux stratosphériques (4 millions de mètres carrés de bureaux en Ile-de-France sont inoccupés). «Atomic City», du nom qu’a choisi la vingtaine d’artistes et artisans du collectif DSXL pour baptiser leur projet éphémère pour ce lieu : une gratuiterie de vêtements et de meubles, un atelier d’auto-réparation de vélo, des r
Bâtiments vacants
«Squat légal»: à Paris, un collectif d’artistes menacé d’expulsion par la Croix-Rouge
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Le collectif DSXL occupe le bâtiment possédé par la Croix-Rouge, jusqu'alors vacant, depuis le début du mois d'avril. (Clément Jandard)
par Ève Beauvallet
publié le 26 mai 2022 à 17h39
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